retour au tribunal

Retour au tribunal administratif.

Il y a cette fois-ci beaucoup plus de monde. Si à chaque fois que ce
tribunal exprime la loi il y a autant de témoins pour le voir faire, il
ne pourra plus œuvrer dans la clandestinité. La salle est comble.

Des hommes et des femmes de Toulouse, des chômeurs, des mères de
famille, des retraités, des gens de l’Ariège aussi venus soutenir 3
jeunes majeurs-mineurs. Ce sont ces jeunes, isolés, qui arrivés sur le
territoire sont intégrés dans des familles d’accueil, font des études,
sont en apprentissage… Ils n’ont pas ou peu de famille dans leurs pays
d’origine. Ils ne sont pas expulsables quand ils sont mineurs mais
reçoivent en guise de cadeau d’anniversaire, pour leur majorité, les
avis de reconduite à la frontière. Les préfectures n’oublient rien! Et
le quota départemental doit être atteint!

Il y a aussi cette jeune femme magrébine, qui tremble et qui est toute
seule sur ce banc de la salle des pas perdus. Mariée à un français elle
est venue dans notre beau pays et a obtenu une carte de séjour, mais
après un divorce et un déménagement, lorsqu’elle indique à la
préfecture du Lot et Garonne son changement de situation et d’adresse,
l’employé zélé lui pique la carte et elle devient, du jour au lendemain
une “sans-papier” immédiatement expulsable.

Il y aussi ce jeune congolais, venu en France avec sa mère et son
frère, pour assister aux obsèques de son père, décédé “brutalement” dans
un commissariat de police du 18ème arrondissement de Paris. Son avocat
montre une lettre du ministre de l’intérieur de l’époque (notre actuel
président) autorisant leur séjour sur le territoire “pour la durée de
l’enquête”. La famille a porté plainte, mais on imagine le temps que
demande une enquête contre la police française… Alors, maintenant c’est
le préfet de Haute-Garonne qui demande l’expulsion du fils.

Beaucoup d’autres attendent leur tour. C’est la case “justice” avant ou
pendant le centre de rétention, une machine à laver qui n’a pas pour
fonction de juger le fond mais uniquement la forme juridique de
l’expulsion, armée d’une loi de plus en plus répressive et
discriminatoire. Il y a ce matin là, beaucoup de tranches de vie et de
souffrances, malaxées dans cette machine sans âme, qui n’obéit qu’au
seul critère de l’expulsion “légale” de 25 000 hommes, femmes et enfants
avant le 31 décembre.

J’ai relu Erich Maria Remarque. Les exilés (Liebe deinen Nächsten).
C’est un bouquin qui date de 1939 qui raconte les trajets incroyables
des juifs allemands, des apatrides, des “heimatloss”, fuyant dans
toute l’Europe le nazisme au pouvoir en Allemagne. Mais ce roman nous
parle de ce qui se passe, en ce moment, dans les tribunaux Français,
dans les centres de rétention Français, dans les rues Françaises… Dans
le pays des “droits de l’homme” dont se gargarisent nos belles élites.

Caillou. Le 23 novembre.

 

exiles.jpg

Sur “Les Exilés” de Erich-Maria REMARQUE lire: http://www.actuchomage.org/modules.php?op=modload&name=PagEd&file=index&page_id=235

Sur le cas du père du jeune congolais, on peut lire:
http://pagesperso-orange.fr/mrap_siege/novembre_2001/125_11105.htm

 

Sur l’exellent film maman est folle,
diffusé sur la 3ème chaine de la télévision le 22 novembre:

http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article4181

Obtenir des informations, avec le Réseau Éducation Sans Frontières sur http://www.truc.abri.org/-resf31-

 

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