Disparaître en Indochine - 24
Posté par Caillou - 30/04/09 à 08:04:21Chapitre 24
On m’appelle Simone, mais mon vrai nom c’est Anna. Anna Blumenstein. Je suis polonaise, née à Lodz. Papa était contremaître dans une usine textile, et ce n’était pas un juif très pratiquant. Il était militant du Bund, donc un de ces juifs socialistes, qui refusaient le sionisme. À la maison nous parlions le Yiddish. Dès l’âge de 7 ou 8 ans il m’emmenait dans les manifestations de rues qu’ils organisaient pour protester contre la dictature de Pilsudsky. C’était dangereux, mais nous courions vite. Les autres juifs, dans notre quartier, n’étaient pas, loin s’en faut, des militants de gauche. Nous avions souvent des bagarres, religieux d’un côté, sionistes, socialistes ou communistes de l’autre.
Dès que j’ai eu seize ans j’ai adhéré au mouvement des jeunesses communistes. C’était en 1938. Je continuais mes études au lycée lorsque, le 23 août 39 fut signé le pacte de non agression entre Hitler et Staline, et dès le 1er septembre les nazis envahissaient la Pologne.
Je ne peux pas raconter ce que fut notre vie dans les années qui suivirent l’invasion… Nous avons été enfermés dans le ghetto, entassés, avec les arrivées massives des juifs raflés dans toute la région. Ensuite on a été enfermés, séparés, puis expédiés vers une destination inconnue… Et toute ma famille a disparu… anéantie. Vous avez vu déjà les photos ! Qu’est-ce que je peux dire de plus ? 300 000 juifs exterminés…
Moi je m’en suis tirée par miracle, l’hiver 44, quand les SS ont évacué le camp de Maïdaneck. Ce fut une marche épouvantable où, à chaque pas, nous laissions derrière nous les corps des femmes qui n’avaient pu nous suivre. Et puis, lors d’un bombardement, alors que nous traversions une forêt, je suis tombée dans un ruisseau et je me suis cachée sous des arbres morts. J’étais un cadavre vivant, avec ma tenue rayée et mon foulard… Et puis, entre deux évanouissements, le silence de la forêt, des mains qui m’agrippent, des soupes que l’on me fait avaler cuillère après cuillère c’est, au mois de mai 1945, la paix qui revient… Et moi, qui suis seule, avec plus un témoin de ma vie ancienne, plus une épaule pour pleurer… Comment suis-je arrivée à Paris ? Un peu par hasard et puis pour une adresse d’un oncle peut-être encore vivant.
J’ai trouvé du travail dans un atelier de tapisserie pour meubles du faubourg St. Antoine. C’était bien car je n’avais pas besoin de parler. Juste obéir aux ordres très précis de l’artisan. J’étais une drôle de fille à ce moment-là. Je vivais avec ma tête folle. Je ne voyais personne. Je n’avais que mon passé comme bagage et il était peuplé de tellement de gens que je ne voulais pas que l’on me bouscule. J’avais survécu aux camps et à la disparition de tous les miens, mais je ne pouvais pas, je ne voulais pas m’en défaire. Mon patron se lamentait sur moi et mon travail, d’autant que j’étais plutôt une littéraire… Pour tout le monde, j’étais Anna, la déportée, la survivante. Nous étions une dizaine de jeunes filles dans cette petite entreprise et petit à petit je me suis requinquée, intégrée, j’ai appris le français, j’ai retrouvé, tout doucement le goût de vivre. J’ai retrouvé des Juifs, des rescapés qui s’activaient dans des associations. Mais il n’y avait plus que des sionistes. Les autres, les socialistes, les Juifs de gauche, se taisaient, du moins ceux que je connaissais, les Polonais. Quant aux communistes ils s’étaient fondus dans le parti français et certains étaient rentrés en Pologne.
Mais là-bas, dans les pays du « socialisme réel » après « le complot des blouses blanches » une vague d’antisémitisme se généralisait. On expulsait les Juifs des organisations ouvrières et la chape de plomb sur notre extermination se referma totalement.
Ce n’est qu’en 1956, avec un copain, un tchèque, qui ne parlait pas plus que moi, que j’ai recommencé à vivre dans le présent. Nous avions essayé, vaguement, de sortir ensemble, de faire l’amour… Mais, de ma part, tout cela était un peu pitoyable.
Il m’a indiqué qu’un Français, un type de gauche, cherchait une secrétaire parlant le polonais. J’avais appris la dactylo, au lycée de Lodz, des années plus tôt. Mon français était devenu potable. Je n’avais rien à perdre, aussi je me suis rendu à cette adresse. C’était un écrivain. Il s’appelait Cénac. Un type curieux, un peu cassant, un humour froid que je ne comprenais pas toujours. Il m’a donc embauchée comme secrétaire particulière. Il fallait répondre à son courrier, taper ses articles pour des revues. Je l’aimais bien. Et il me changeait les idées. Il me fallait gérer ses rendez-vous, recevoir ses relations, organiser des buffets littéraires…
Je suis ainsi rentrée dans son monde et progressivement j’ai connu tous ses proches. Ils me confiant leurs projets, leurs peines, leurs déceptions aussi. Moi qui n’en avais aucun, de projet, cela m’était facile de leur prêter l’oreille. Mais ils me confiaient aussi leurs colères. Car c’est dans ces années-là que l’on découvrait la pratique de la torture par les militaires français en Algérie. Cette guerre épouvantable, coloniale, impitoyable, d’une armée contre un peuple les révulsaient. Je me suis engagée avec eux, avec Cénac et son réseau, dans la divulgation des rares informations sur les crimes français en Algérie, puis, devant l’apathie du plus grand nombre, dans le soutien aux insoumis, aux déserteurs. Oh, nous n’étions pas d’accord avec tout ce que faisait le FLN, mais nous pensions que c’était leur histoire, pas la nôtre. Il fallait en finir avec le colonialisme. Nous déplorions les vaines condamnations contre la guerre qui ne se donnaient pas les moyens d’y mettre un terme.
Et puis, autour de Cénac, s’est monté un petit réseau de soutien à la fédération de France du FLN. C’était des coups de main. On leur portait des valises bourrées de fric jusqu’en Belgique ou en Suisse, c’était l’argent collecté chez les immigrés algériens, dans tous les bidonvilles qui ceinturaient la capitale. Il fallait acheter des ronéos, des stencils, bref tout un matériel qu’un maghrébin n’aurait pas pu se procurer sans se faire remarquer par la police.
Nous n’avons pas fait grand-chose, juste ce que nous pouvions. Les règles de clandestinité du groupe Cénac n’étaient pas trop respectées. Il a été arrété en 1960. J’ai bien sûr, moi même été inquiétée mais j’ai joué l’innocente secrétaire particulière uniquement occupée à taper ses écrits littéraires. Alors qu’en fait je possédais toutes les informations du réseau.
Ensuite Victor est entré dans le groupe, du moins ce qu’il en restait. C’était un ancien du Komintern. Il avait la pratique de la clandestinité et de ses règles. Un grand bonhomme très secret, curieux, très fin aussi. Il a remonté complètement le réseau. Or les jeunes gens, les étudiants, qui fuyaient le service militaire en Algérie devenaient de plus en plus nombreux. Il fallait leur trouver des adresses, des faux-papiers, des passeurs…
Quand Victor, après l’arrestation de Cénac a cloisonné l’organisation renaissante, moi j’avais encore la main sur tous les contacts. Il m’a donc demandé de travailler avec lui. Ce que j’ai accepté avec enthousiasme. J’étais, à l époque, la seule militante à connaître l’ensemble de l’organigramme du réseau.
Après les accords d’Évian, la guerre d’Algérie terminée, il y eut une conférence interne, organisée par Victor et moi-même. C’était chez des curés, dans le 13ème arrondissement. Arrivèrent d’un peu partout des responsables de groupe. C’était comme un au-revoir, une dissolution. Mais Victor proposa de continuer le combat anti-colonialiste en créant une nouvelle organisation de soutien aux mouvements de libération des peuples du tiers-monde. L’Entraide Révolutionnaire Internationale est née ce jour-là. Et bien sûr que je l’ai suivie dans cette aventure ! Nous étions moins nombreux, mais je crois que l’ERI a été efficace.
On travaillait dans le sens souhaité par les mouvements, en faisant connaître à l’extérieur leurs positions, leurs textes, leurs films. Cela se faisait avec des intermédiaires choisis très prudemment, et jamais au nom de l’organisation. C’était individuel. Nos militants demandaient à tel journaliste, pour «filer un coup de main à un copain », de faire passer tel ou tel article dans son canard.
Ensuite on a monté des stages de formation pour assurer un soutien technique aux combattants des mouvements de libération. C’était aussi l’occasion pour les faire se rencontrer entre eux, discrètement, en plein Paris.
Nous n’avons pas à nous vanter de quoi que ce soit. Il fallait le faire et nous l’avons fait. Si c’était à refaire je le referais. Surtout avec un homme comme Victor. Je l’ai aimé ce type. Je ne veux pas en parler plus. Il est mort, comme il l’avait souhaité, en combattant.
À suivre…
Caillou, 1984
Disparaître en Indochine - 23
Posté par Caillou - 28/04/09 à 08:04:25Chapitre 23
Le jeudi suivant, dans le train qui le menait à Lyon, Thierry lisait les journaux du matin. Les grands titres parlaient tous de la fin de la guerre entre l’Irak et l’Iran. Un accord de cessez-le-feu venant enfin d’être négocié entre le successeur de l’Imam Khomeiny et les émissaires du tyran de Bagdad. Un éditorialiste envisageait un bouleversement du paysage diplomatique mondial. Le million de morts entassés dans le Chat el Arab avaient du, eux, en modifier le paysage réel.
Dans une page intérieure il trouva un petit article qui annonçait un attentat commis la veille en plein Paris.
Un commando avait assassiné un vieux monsieur dans l’entrée d’un immeuble de Saint- Germain des Prés. L’action en avait été revendiquée, quelques minutes plus tard par un appel téléphonique anonyme à un grand journal du soir. Le correspondant parlait d’une organisation inconnue : Honneur de la Police. Curieux.
Puis il tourna les pages et lut l’article sur le tournoi de baskets comptant pour le titre national qui avait été remporté par Orthez…
Le paiement du 2ème tiers provisionnel était repoussé de trois jours…
Le train arrivait en gare de Perrache. Il prépara ses affaires. Il lui semblait maintenant qu’il allait enfin arriver au terme de sa quête !
À suivre…
Caillou, 1984
Disparaître en Indochine - 22
Posté par Caillou - 26/04/09 à 07:04:39Chapitre 22 ( Mais il s’agit plutôt d’un prologue…)
Cage d’escalier, 6ème étage. Il referme la porte de l’appartement, se dirige vers l’ascenseur, et appuie sur le bouton d’appel.
Le cliquetis mécanique de la vieille machinerie qui s’ébranle rompt le silence de cet immeuble bourgeois, à cette heure de la matinée totalement silencieux.
La lumière du soleil qui pénètre par la grande baie du palier illumine tout l’escalier, rebondissant joyeusement, de marche en marche, sur le tapis rouge maintenu par des tiges d’acier dorées.
C’est un homme bedonnant, avec des poches sous les yeux, deux rides qui tombent au coin de la bouche et des cheveux rares et gris. De la main droite il joue avec son trousseau de clefs puis il le range dans la poche de l’imperméable.
Manque d’exercice, il y a des années qu’il n’a plus couru, nagé, marché dans la montagne, ri trop fort, hurlé, manifesté, fait l’amour avec une femme, fait l’amour avec une foule, concrètement. Il vit tous les mouvements des autres par procuration. Parfois il s’arrête regarde passer les banderoles dans les rues, avec les gens dessous, dont il entend les rires et les cris. Mais il rejeté sur le trottoir des indifférents et des curieux tandis que passent l’émotion, les peines et les révoltes de « l’éruption de la fin ! »
Il a mis ce matin le costume bleu foncé avec un polo blanc à col roulé et il a pris, par précaution son imperméable qu’il tient sous le bras. C’est sa promenade, comme tous les matins. Puisqu’il fait beau, il descendra sur les bords de la Seine et reviendra par Saint-Michel et la rue Saint-Benoit. L’ascenseur arrive enfin. C’est un vieil engin de bois avec des vitres et une grille en fer ouvragée. Il ouvre la porte et se faufile. Chuintement, cliquetis, odeur d’encaustique, la machine repart et descend. Tous les matins, le même geste. Cette ballade c’est un cadeau, petit, devant la tache qui l’attend. À son retour il lui faudra reprendre le texte de synthèse ) présenté pour la réunion de samedi. C’est un document pour mieux prendre en compte les besoins médicaux des MLN. Par exemple l’ERP salvadorienne, partie du FFMLN, ne peut actuellement compter que sur un médecin pour 450 hommes en 4 détachements.
Leurs étudiants en médecine devant impérativement restés groupés en structures urbaines, ils ne peuvent espérer un renforcement du soutien médical sans l’apport d’une formation extérieure .
L’ascenseur dépasse maintenant le 4ème étage. Il n’y a personne dans la cage d’escalier. Les locataires qui travaillent sont déjà partis, les enfants à l’école, les femmes au foyer font le ménage et les autres, les plus anciens, dorment encore.
Sur un stage de formation médicale, en espagnol, on pourrait intégrer des étudiants de Guinée équatoriale et quelques isolés. Dire qu’il y a tellement longtemps qu’il n’a pas vu un seul stagiaire ! Sur le papier les formations, les instructeurs l’hébergement, toute cette paperasse à ne pas conserver ! C’est un travail de bureaucrate où il faut tirer les ficelles sans jamais voir ce qu’il y a à l’autre bout. Il n’a plus de contact, plus de poignées de mains, plus de ces regards échangés qui en disaient long sur tous les chemins parcourus. Il n’y a rien regretter. De toute façon, c’est comme ça, avec juste, parfois, un sentiment de lassitude.
Où va t’on bien pouvoir trouver des toubibs espagnols, ou qui le parlent couramment, connaissant bien la médecine tropicale. Il verra cela avec Christine. Elle est très efficace cette fille ! Et elle est bien introduite dans le milieu de la cité universitaire internationale. Elle est consciencieuse, jamais une erreur ! Elle trouvera, il en est sûr, quelques internes compétents et volontaires.
L’ascenseur dépasse le 3ème étage avec un claquement aigre.
Les Salvadoriens veulent également former des équipes pour l’assistance médicale aux populations des zones libérées. Dans certains villages de la jungle les paysans n’ont jamais vu d’autres docteurs que les volontaires américains des sectes protestantes. Une vaccination, une bible, un antibiotique, une bible…
C’est déjà le 2ème étage qui monte. Qu’il est long cet ascenseur ! Donc ce matin la rédaction de cette synthèse puis il ira manger, à midi, chez Yvette, comme d’habitude. Dans l’après-midi il a rendez- vous avec le responsable du secteur financier. C’est dans un bistro du 12ème. C’est un gentil mais bavard. Il fait son boulot sérieusement c’est sûr, mais travailler dans son groupe ne doit pas être toujours facile. Déjà que la trésorerie n’a rien de particulièrement romantique, le voir parler comme ça constamment, de tout et de rien, ce doit être lassant à force ! Enfin, on fait ce qu’on peut avec ce que l’on a !
Il vient de dépasser le 1er étage. La machine va bientôt s’arrêter et le déposer au niveau de l’entrée.
Il voit déjà le carrelage blanc et noir du rez-de- chaussée avec la lumière qui, sur la gauche provient de la cour de l’immeuble. Il remarque également les chaussures noires et le pantalon d’un homme qui attend l’ascenseur.
Mais celui ci ne s’est pas placé juste devant la porte. Il est posté dans le coin droit de l’entrée.
La cabine s’arrête avec un drôle de bruit, comme un ouf de soulagement, il en tire les deux portes battantes et s’apprête à ouvrir la grille lorsque l’homme s’approche et, entrouvrant son imperméable, fait surgir un revolver muni d’un silencieux, un tube très long… Le vieil homme n’aura pas le temps d’en reconnaître la marque ou le calibre. Il recule dans la cabine et jette la main vers le bouton d’étage pour essayer de remonter mais c’est déjà trop tard.
Quand la première balle l’atteint il est brutalement rejeté contre la parois de bois, derrière lui. Il n’a pas le temps d’entendre le petit « Boooop » du coup de feu et il regarde, en s’affalant, l’immense éclaboussure de sang qui gicle sur les vitres de la cabine. Il tombe, face rejetée vers l’arrière, genoux sur le plancher, encore vaguement conscient de l’ouverture de la grille et du tueur qui, se penchant vers lui, appuie sur la détente et lui tire, à bout portant, une balle dans le sommet de crâne, au milieu des rares cheveux gris.
L’homme se retourna alors et dans le même mouvement réintroduit son arme dans la poche cousue à l’intérieur de son imperméable. Il sort calmement, traverse la cour sans se presser, sans rencontrer qui que ce soit et il part.
Quelques instants plus tard, le femme de ménage des voisins du 3ème se met à hurler, devant l’ascenseur la grille ouverte. Les rares habitants présents se précipitent et c’est le concierge, qui, à travers les grilles rougies reconnaît, mais sans en être vraiment sûr, le locataire du 6ème gauche.
À suivre…
Caillou, 1984
Disparaître en Indochine - 21
Posté par Caillou - 24/04/09 à 07:04:04Chapitre 21
Fiche : 257
Origine : Turange
Destinataire : Chernu
Objet : Information sur dossier Victor.
- Mon colonel.
- Oui ?
- Il y a du nouveau. Une écoute téléphonique sur cabine nous a appris que Blanchard a été contacté par le jeune toulousain, vous savez celui qui recherche un parent…
- Oui, oui, au fait !
- Donc je vous disais que ce jeune a obtenu le contact avec Robert. Maintenant, tôt ou tard, il va le retrouver. Qu’est-ce qu’on fait ?
- S’il n’y plus d’alternative, faites ce qui était prévu : éliminez Victor.
- Bien mon colonel.
À suivre…
Caillou, 1984
Les pétitions…
Posté par Caillou - 23/04/09 à 09:04:16Stendhal, Ferdinand de Lesseps, Monge, Matabiau, Negreneys, Maurice Bécanne, Borderouge, Berthelot, Gabriel Péri, Guynemer…
Une poignée de gens sur une place ensoleillée…
Et des centaines de pétitions.
Stendhal, Ferdinand de Lesseps, Monge, Matabiau, Negreneys, Maurice Bécanne, Borderouge, Berthelot, Gabriel Péri, Guynemer…
Ces noms sont ceux d’écoles, de collèges, de lycées de Toulouse, où sont scolarisés des enfants de familles sans papiers, menacées d’être expulsées du territoire français. Ils s’appellent Ziane, Sabina, José, Hakim, Emin ; ils vivent dans des conditions très précaires, avec l’angoisse de voir la police venir les chercher, eux et leurs parents. Leurs camarades vivent eux aussi dans l’angoisse de les voir disparaître de leurs classes du jour au lendemain.
La politique des quotas, menée par le ministère de l’immigration et de l’identité nationale, se traduit par des expulsions au mépris des droits humains les plus élémentaires.
Leurs droits sont les nôtres, leur liberté est la nôtre !
Photos: Caillou, 22 avril 2009…
Disparaître en Indochine - 20
Posté par Caillou - 22/04/09 à 09:04:14Chapitre 20
- Robert Chenières. La dernière fois que je l’ai vu il tenait une galerie d’art, à Lyon, dans la presqu’île. Mais c’était il y a tellement longtemps… Je ne sais pas, peut-être en 55 ou au début 56 ?
Augustin avait le regard perdu.
- Et c’est là que vous avez emmené Adrien ? À Lyon ?
- Oui. Ensuite je suis redescendu à Marseille et je n’ai plus jamais entendu parler de ce Adrien. Par contre Robert je l’ai rencontré à des réunions entre responsables de la sécurité du Parti. Et surtout quelques mois plus tard après l’assassinat de Marcel et de son épouse.
Thierry posa timidement la main sur son bras. C’était un geste tendre entre le jeune homme et le vieil espagnol.
- Comment est-ce arrivé ?
- Nous avons été prévenus par un camarade, un voisin, qui habitait dans la même rue, vers l’Estaque. Les deux corps gisaient étendus dans la cuisine, la maison était sens dessus dessous, mais il ne manquait rien, même pas les pauvres bijoux de Gabrielle, rangés dans une boîte en fer sur le buffet du salon. Ils ont été abattus de 6 balles de 6,35 : quatre pour Marcel, dont une dans la nuque et deux pour Gabrielle. Curieusement personne n’avait rien entendu et leurs corps ont été découverts le lendemain matin, le 11 août , je crois. Et leur assassin n’a jamais été retrouvé !
- C’est étonnant. Qu’est-ce que disait la police ?
- Que c’était un travail de professionnel, un tueur…
- Et le PCF, il a réagi comment ?
- En fait, un peu discrètement. Il a élevé une protestation formelle mais sans lui donner trop d’ampleur. Il fallait protester mais pas remuer trop de vagues pour que la presse ne mette pas trop son nez dans nos affaires. On nous avait assassinés deux de nos militants, nous nous savions bien que les journalistes, informés des responsabilités secrètes de Marcel et Gabrielle ne se seraient pas privé de les salir dans leurs colonnes. Tu sais petit, c’était vraiment une sale période !
- Et il y a eu une enquête interne alors ?
- Bien sûr, mais là aussi cela n’a rien donné. Par contre ce document change tout. Le traître a un nom.
- Vous lui aviez envoyé ma lettre ?
- Oui, à l’adresse de cette galerie, mais je n’ai pas reçu de réponse… Il a certainement déménagé depuis très longtemps. De toute façon je ne sais rien de lui depuis 1956, quand il a été exclu…
Thierry réfléchissait
- Dans ce cas la lettre vous serait revenue avec la mention NPAI : n’habite pas à l’adresse indiquée !
Ils se levèrent et Thierry serra longuement la main de Chavez.
- Bon, merci Augustin. Merci vraiment. Je vous tiens au courant dès que j’ai du nouveau.
Le soir même il téléphonait à Blanchard. Le vieux flic lui conseilla d’attendre deux jours avant de monter à Lyon, le temps qu’il puisse le rejoindre. Il devait voir son docteur le mercredi et ne pouvait pas se libérer avant.
- Il vaut mieux que nous soyons tous les deux, crois moi ! Profites de ces deux jours pour faire des recherches sur cette galerie d’art.
- Tu es toujours suivi ? demanda Thierry.
- Il me semble bien mais je n’en suis pas sûr. Et comme je sors très peu… Allez petit, à jeudi matin à 10h 30 gare Perrache…
À suivre…
Caillou, 1984
Disparaître en Indochine - 19
Posté par Caillou - 19/04/09 à 10:04:44Chapitre 19
Le lundi matin Thierry arrivait en gare Saint-Charles.
Costume croisé, chapeau, moustache, lunettes, le jeune homme était méconnaissable. Il prit un taxi et se fit conduire place Castellane. Une fois sorti de la voiture, il acheta La Marseillaise à un kiosque puis, ayant vérifié discrètement que personne ne l’observait, il téléphona d’une cabine publique à l’entreprise de réparation de bateaux du boulevard Delabre. Il demanda à l’employé s’il lui était possible de parler à Augustin Chavez, que c’était important, et quelques minutes plus tard il avait le vieil espagnol à l’autre bout du fil.
- Désolé de vous déranger. Vous vous souvenez de moi ? Je suis le jeune homme qui recherche son oncle ? J’ai trouvé un document, une lettre, qui va vraiment vous intéresser. Il faut absolument que l’on se voit mais je ne peux pas venir vous voir…
- Et pourquoi ? oui, je me souviens de vous…
- C’est complètement désert dans votre quartier et je suis peut-être filé. Et si je vous invitais à déjeuner ? Dans le vieux port ?
Chavez rigolait…
- Le vieux port ? Ce sont des attrapes couillons là-bas. Il n’y a que les touristes qui s’y font encore rouler. Écoutes petit, va prendre le bus, je crois que c’est le 83 et dans une demi-heure mon fils passe te prendre au Vallon des Auffes.
Quelques instants plus tard Thierry buvait une bière sur la terrasse du bar, un peu au-dessus du petit port. Doucement les vagues venaient lécher les galets de la plage. Puis il vit un jeune type qui lui faisait des signes, debout dans un pointu. C’était un grand en jean et chemise bleue à coutil. Il reconnut le fils de Chavez. Thierry descendit la pente raide, monta à bord et le petit bateau, tournant sur lui-même, se faufila entre les barques puis passant sous le pont de la corniche sortit du port. Devant c’était la mer, toute bleue et un peu écumante et, barrant l’horizon, les îles du Frioul, en silhouette noire sur l’éclat dure de la lumière.
- Alors, vous êtes revenu voir mon père, lui demanda le marin en virant vers bâbord ?
Mais il ne pouvait pas répondre sans crier à cause du bruit du moteur… Alors Thierry, haussant les épaules en signe d’impuissance, ne lui répondit rien, accroché au bord. Il regardait les goélands qui tournaient dans le vent, la courbe de la corniche, et les gros récifs noirs accumulés, les vagues qui se brisaient et les petites criques solitaires.
- Il vous attend…
Et quelques minutes plus tard le pointu accostait devant un grand parc, où une sorte de petit quai pour canoë lui permit de déposer son passager. Le marin, tout en tenant la corde d’amarrage lui dit d’aller jusqu’au kiosque, de l’autre côté de l’espace vert. Il contourna tout un groupe de gamins qui jouaient au foot puis il aperçut le vieil Espagnol qui l’attendait devant la porte.
- Si tu étais suivi, petit, je pense que tu ne l’es plus ! Que veux-tu me montrer ?
Ils commandèrent deux pastis. Le serveur reparti, Thierry posa sur la petite table ronde en fer la lettre trouvée dans la malle de Muret. Une seule feuille, pliée, une seule ligne : Attention, Robert est un flic et deux prénoms: Marcel et Gabrielle.
- Et bien, petit, je m’en doutais un peu. C’est pour cela aussi que je ne voulais pas te mettre en contact avec lui. Mais comment sais-tu qu’il s’appelait Robert ? Ce n’est pas moi qui t’ai donné son nom ?
- Non. C’est par un ancien flic des RG de Lyon que je l’ai connu. Mais je n’en sais pas plus.
- Par un flic des RG ! Et tu t’étonnes d’être suivi ! Mais mon pauvre, si tu demandes quoi que ce soit à ces types, ils te retournent comme un crabe pour savoir ce que tu as dans le ventre ! Bon, moi je vais te dire. Dans le temps Robert tenait une galerie d’art contemporain dans une rue de la presqu’île de Lyon, entre Rhône et Saône. Son vrai nom c’est Robert Chenières. Ce type n’a jamais été de notre classe. Ce n’est pas un ouvrier. Et je me demandais bien ce qu’il foutait au PCF, mais bon, je n’ai jamais eu l’occasion d’en discuter avec lui. S’il est encore vivant tu devrais pouvoir le retrouver avec ces indications. Où as-tu dégotté cette lettre ? Je suis sûr qu’elle est authentique car j’ai bien connu Marcel…
Thierry raconta les circonstances de sa découverte. - Puisque tu as retrouvé cette lettre dans les affaires de ton oncle Henry c’est qu’elle lui a été remise par erreur à son arrivée à Marseille et qu’elle était destinée à Jean, enfin, excuse-moi, à ton oncle Adrien. L’équipe qui gérait les courriers clandestins ne dépendait pas de moi mais des services de sécurité de l’organisation, donc de Marcel…
- Et ce Marcel ?
- … était le responsable de la sécurité du Parti pour les Bouches du Rhône. Il a du vouloir prévenir ton oncle…
- Mais pourquoi ne vous a t’il pas prévenu vous ?
- À l’époque, en pleine guerre froide, nous étions très cloisonnés. Il a du se dire que j’étais un élément douteux puisque, justement, mon chef direct, était ce Robert, de Lyon. Mais il n’a pas du savoir que ton oncle était déjà passé trois mois plus tôt… C’est une confusion !
Et votre parti ? Pourquoi n’a t’il pas été immédiatement prévenu de la trahison de votre chef lyonnais?
- Pourquoi ? Parce que Marcel et sa femme Gabrielle ont été assassinés en août 1953. Et cette lettre, que tu as retrouvée trente ans plus tard, m’explique enfin la cause de leur assassinat.
À suivre…
Caillou, 1984
Le ciel était si beau…
Posté par Caillou - 17/04/09 à 08:04:20Et cela fait trois jours…
qu’il fait le beau le soir,
et juste après… la pluie.
Qui le regarde un peu ?
Qui voit tous ces efforts ?
Qui le prend au sérieux ?
Qui prend un peu de temps,
ne serait-ce que pour voir,
cet instant de beauté ?
Juste un moment du monde avant…
… d’allumer la télé!
Caillou, 17 avril 2009
Disparaître en Indochine 18
Posté par Caillou - 10/04/09 à 05:04:46Chapitre 18
Thierry s’était assis. Il regardait sans comprendre le mot trouvé dans la malle d’Henry. Mais comment ce « Robert » pouvait-il se trouver dans une lettre destinée à Henry ? Cela ne collait plus du tout ! Robert, ce type qu’il n’avait pas réussi à rencontrer à Lyon, c’était dans l’histoire d’Adrien ! Comment pouvait-il se retrouver dans les affaires de son frère Henry que plus rien ne rattachait ensemble depuis 1939! Cette lettre ne comportait pas de timbre ou d’adresse d’expéditeur, elle avait donc été remise de la main à la main, mais par qui, et quand ?
En dessous, dans une pochette cartonnée, il y avait quelques coupures de presse… Les feuilles étaient jaunies et les endroits des pliures risquaient de se déchirer… Il découvrit qu’il s’agissait d’articles de la Dépêche et du Midi Libre datés, tous deux, du 10 août 1953. Il déplia tout doucement le premier, celui du journal local, l’édition de Muret. Celui-ci relatait l’horrible accident de chemin de fer qui s’était produit la nuit précédente entre Béziers et Narbonne. Ce train, venant de Marseille, roulait beaucoup trop vite et, pour une raison encore inconnue, avait percuté un convoi de marchandises qui, venant de Perpignan, circulait en sens inverse. Erreur d’aiguillage ? L’article ne l’affirmait pas… Une enquête était en cours pour déterminer les causes de ce drame épouvantable qui avait causé la mort de quatre voyageurs, dont un Murétain, Henry Lecourt. Ce militaire, de retour d’Indochine, venait d’être démobilisé à Marseille et rentrait chez lui. La rédaction locale de la Dépêche exprimait toutes ses condoléances attristées à cette famille très honorablement connue de la ville, etc.
Le jeune homme réfléchissait en regardant, au-dessus de la malle ouverte, sur un cintre accroché à un clou, la tenue militaire de son oncle, repassée et poussiéreuse,
Henry était à Marseille le 9 août. Il descend du bateau. C’est trois mois après le retour d’Adrien, puisque Chavez lui a indiqué comme date avril ou mai 1953. C’est peut-être le même bateau. Est-ce que cette lettre a pu lui être remise par erreur ? Est-ce qu’elle était destinée à son frère ? Qui la lui a remise ? Un docker ? Un copain à Chavez ? Et pourquoi l’Espagnol ne lui en avait rien dit ? Il ne s’en souvenait pas ? Pourtant il lui avait donné des détails précis sur son oncle Adrien, il aurait du se souvenir de l’arrivée, trois mois plus tard d’un homonyme, surtout s’il avait été chargé de lui faire remettre un courrier. Henry était-il revenu dans un convoi exclusivement militaire ? Et dans ce cas comment aurait-il pu être confondu avec son frère ? Et puis qui étaient ces gens Marcel et Gabrielle ? Des militants marseillais? Et dans ce cas Chavez devait les connaître !
En tout cas Il détenait maintenant une preuve tangible de l’existence de ce Robert, ce prénom donné par inadvertance par Raoul Descombes et que Chavez n’avait même pas voulu lui donner. Maintenant, avec ce papier, le vieil espagnol n’hésiterait plus !
Et si Adrien n’avait pas été prévenu en avril ou mai, il était donc rentré en contact avec ce type de Lyon ? Que s’était-il passé ? Adrien était-il tombé entre les mains de la police et dans ce cas comment Blanchard ou Raoul n’en avaient-ils pas retrouvé trace ?
Il referma doucement la porte de la chambre oubliée et il rentra chez lui, bien décidé à contacter Maximin le plus vite possible et à repartir Marseille s’il le fallait.
Le lendemain matin, samedi, lorsque Thierry se réveilla, Nathalie avait laissé une note sur le frigo. Elle rentrerait plus tard car elle avait une réunion d’étudiants. Il attendit 10 heures en préparant le repas puis, une fois la table mise, il descendit jusqu’à la cabine téléphonique. Il composa le numéro d’Aubervilliers et, la troisième sonnerie, il entendit Blanchard qui répondait…
- Mr Blanchard. Je vous prie de m’excuser pour ce petit dérangement. Je représente la société immobilière Lariboi…
- Cela ne m’intéresse pas ! Et il avait raccroché.
Conformément aux instructions Thierry devait attendre un quart d’heure. Une grosse dame attendait son tour. Il ne pouvait pas décemment la laisser planter devant pendant autant de temps. Aussi il lui laissa la place. Elle entra dans la cabine, referma soigneusement la porte, et commença à papoter. Cela n’en finissait pas. Elle parlait en regardant l’appareil et en faisant des mimiques comme si elle avait son interlocutrice en face. Thierry attendait qu’elle en ait fini. Elle levait les bras au ciel, s’esclaffait… mais elle ne raccrochait pas ! Alors qu’elle continuait à dégoiser elle se retourna d’un coup affolée. Thierry venait d’ouvrir la porte et lui prenant le combiné des mains se mit à hurler : Veuillez excuser cette interruption momentanée de nos services ! Puis, la contournant dans l’espace exigu, il raccrocha. La grosse dame, interloquée puis furieuse, sortit sans un mot et très dignement tandis qu’il rappela un numéro griffonné dans son carnet d’adresse. Il eut immédiatement Blanchard au téléphone.
- Tu me téléphones bien d’une cabine ?
- Oui, oui… Ne vous inquiétez pas.
- Mais qu’est-ce que tu foutais ? Je suis en robe de chambre, moi !
- Oh rien c’était une pipelette à qui j’avais eu le malheur de laisser la place. Comment allez-vous ?
- Moi ça va. C’est pour toi que je m’inquiète. Est ce que tu es surveillé à Toulouse ?
- Non, je ne crois pas. Et vous ?
- Non, ou alors ils sont devenus très fort ! En tout cas nous avons bien fait de mettre ce système de téléphone de cabine à cabine. S’ils veulent maintenant nous écouter ils devront s’occuper de toutes les cabines du quartier.
- Il y en a beaucoup ?
- Oh, une bonne vingtaine… Bon, accélère, je commence à attraper froid. Pourquoi tu m’appelles, tu as du nouveau ?
Thierry lui raconta sa découverte de la lettre dans la malle d’Henry puis il lui fit part de toutes les questions que son contenu lui posait. L’ex-flic à la retraire l’interrompit au bout de quelques instants.
- Il faut que l’un de nous deux aille revoir ton Chavez. Mais là il s’agit de ne plus se faire suivre par des types, de ceux du genre de ton Max ! Comment tu vois la chose toi ?
- Il vaut mieux que j’y aille. J’ai bien peur qu’il ne veuille pas vous parler…
Maximin se mit à rire.
… d’autant que nous avons un bon contact. Chavez sait bien que je ne cherches que mon oncle, ou ses enfants, dans cette histoire. Je ne veux pas à lui attirer des ennuis à lui, ou à ses anciens camarades.
- Bon, si tu peux te libérer, tu vas aller à Marseille, Moi, je ne bouge pas et je te rejoindrais dès que possible. Quand peux-tu y aller ? Demain matin ? Et ton boulot ?
- Je vais poser quelques jours qui me restaient sur les vacances de l’année dernière.
- Bon. Tu me contactes dès que tu as du nouveau ?
- Toujours avec ce système de cabines ?
- Oui, c’est franchement plus prudent tant que je ne sais pas qui nous suit et pourquoi. Et même procédure. Tu siffles et je descends au numéro suivant sur ta liste, c’est la cabine du square…
- Ils vont rigoler les voisins de vous voir monter de descendre les escaliers en robe de chambre…
- Et bien je ne déshabillerais plus en attendant tes coups de fil. Allez, bonne chance petit.
Le « petit » raccrocha. Il avait trouvé que Blanchard avait l’air un peu triste. Pourvu qu’il ne lui arrive rien.
À suivre…
Caillou.1984
La solidarité n’est pas un délit!
Posté par Caillou - 09/04/09 à 06:04:46Hier, à Toulouse…
Une pétition à signer…
Le 19 juin 2008, des militants du réseau éducation sans frontières, des travailleurs sociaux du quartier d’Empalot, de simples citoyens, se sont rendus à l’aéroport de Toulouse Blagnac afin d’apporter leur soutien à M. G, en instance d’expulsion.
Suite à ce rassemblement, une vingtaine de personnes ont été mises en cause pour avoir franchi un portique de sécurité. Convoquées pour une audition par la Police de l’Air et des Frontières durant l’été, elles viennent de se voir notifier cette mise en cause pouvant entraîner une amende jusqu’à 750 euros. Suite à un délai de 30 jours, il appartiendra au Préfet de la Haute-Garonne de décider s’il maintient ou non ces amendes. Si tel était le cas, cette décision ne pourrait être interprétée que comme une volonté de réprimer l’action des personnes qui soutiennent les familles de sans papiers.
Rappelons que la décision d’expulsion de M. G et de séparation de la famille était apparue alors comme emblématique du durcissement de la politique du gouvernement envers les étrangers. Elle a suscité, à ce titre, une vive émotion et une mobilisation de l’opinion publique dont la presse s’est fait largement l’écho. Nous réaffirmons aujourd’hui notre soutien à la famille G et nous demandons à M le Préfet de la Haute-Garonne de réexaminer leur dossier, afin de mettre fin à une situation inacceptable.
Nous demandons qu’aucune sanction ne soit prise à l’encontre des personnes mises en cause.
La solidarité ne peut être condamnée !
http://www.truc.abri31.org/La-solidarite-n-est-pas-un-delit,1702
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