Et si nous faisions la grève des achats le 29 janvier ?

DERNIERE NOUVELLE

Le débat parlementaire sur le travail dominical est repoussé à une date ultérieure!

Est-ce une victoire ou un répit?

Et si nous faisions la grève des achats le 29 janvier ?

Pourquoi le 29 janvier 2009?
L’ensemble des organisations syndicales appelle à une grande journée de grèves et de manifestations le 29 janvier prochain. Les syndicats CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires et Unsa, se sont mis d’accord sur un «appel aux salariés du privé et du public, aux chômeurs et retraités» pour une action «de grande ampleur». «Alors qu’ils n’en sont en rien responsables, les salariés, demandeurs d’emploi et retraités sont les premières victimes» de la crise, souligne l’appel. Le texte réclame «des mesures urgentes d’une autre nature que celles prises par l’Etat et les entreprises». En pleine période d’hémorragie de l’emploi (les annonces de plans de réduction d’effectifs sont devenues quasi quotidiennes) et de stagnation des salaires depuis un an, selon les chiffres officiels, les mots d’ordre sont surtout défensifs: défense de l’emploi, «privé et public», et «maintien du pouvoir d’achat»

Et si nous étions, ce jour là,
solidaires des salarié-e-s du commerce ?

En effet, comment faire grève ce jour-là, défiler dans les rues… puis passer la journée en allant faire ses courses dans l’hypermarché du coin ?

Ni 52, ni 10, ni 8, ni 5…
Non à l’ouverture des magasins le dimanche!

Qu’en pensez-vous? Caillou, 26/12/2008

Aldi - Auchan - Carrefour - Casino - Champion - Cora - ED - Intermarché - Leader Price - Leclerc - Lidl- Netto - Shopi- Système U …

Disparaître en Indochine - 9

Chapitre 9

Il attendit une heure raisonnable en se promenant sur les quais de la Seine. Une belle fin d’après-midi sur Paris. Les deux tours de Notre Dame se réfléchissaient dans ce bras étroit du fleuve coincé entre le quartier latin et l’île de la cité. La circulation ininterrompue des voitures faisait un tel vacarme qu’il se dit qu’il lui valait mieux trouver une cabine téléphonique dans un endroit plus calme. Il remonta le boulevard Saint-Michel et, finalement, se résolut à revenir à son hôtel de la rue Monsieur le Prince.
Une fois dans sa chambre, il composa le numéro et très vite quelqu’un décrocha.
- Commissaire Blanchard ?
- Oui, mais il y a très longtemps que l’on ne m’a plus appelé comme cela !
La voix un peu aigrelette du vieux monsieur résonnait dans l’écouteur.
- Excusez-moi de vous déranger. J’espère que ce n’est pas trop tôt. J’ai attendu jusqu’à sept heures du soir pour vous téléphoner.
- Oh vous ne me dérangez pas du tout. Vous voulez me vendre quelque chose ?
Le vieil homme eut un petit rire…
- Pas du tout, pas du tout. Je cherchais à vous joindre pour une histoire de famille. J’ai un renseignement à vous demander.
- Mais qui êtes-vous ?
- Bien sûr ! Je suis Thierry Ranchin. Je suis de Toulouse et je voudrais vous rencontrer.
- À quel sujet ?
- Je suis à la recherche de mon oncle qui a disparu en Indochine à la fin des années quarante. Or, un témoin de cette période me dit que vous l’avez connu ou du moins recherché. Mais c’est une longue histoire. Ne pourrions-nous pas nous rencontrer. Je peux venir chez vous si vous le désirez.
-  En 48 au Tonkin ? À Hanoï ?
- Oui, je sais que vous y étiez en poste.
- Si on vous l’a dit c’est que c’est vrai. Comment s’appelait votre oncle ?
- Adrien Lecourt.
Il y eut un silence de quelques instants puis son interlocuteur dit, doucement :
- Cela ne me dit rien du tout. Je n’ai pas connu d’Adrien, ni de Lecourt. J’ai toute ma tête, jeune homme, et une bonne mémoire,    mais celui-là, je ne l’ai pas connu. D’autant que ce devait être un français… J’ai passé toutes ces  années à poursuivre des Vietnamiens ou des Chinois… Et très peu d’Européens. Adrien Lecourt, non, je ne vois pas !
- Mais vous l’avez peut-être connu sous un autre nom ? On m’a dit que vous le cherchiez sous le nom de « Jérôme ».
- Jérôme ?  Jérôme… Il faut que je réfléchisse. Cela me dit bien quelque chose, mais il me faut… Attendez ! Jérôme ! Oui, je sais ! Ah c’est marrant. Et vous êtes son…
- Neveu… Enfin, peut-être.
- Et bien, effectivement je me souviens de cette affaire. Et même, je m’en souviens très bien !
- Ne voulez-vous pas que je vienne vous voir. J’ai votre adresse, je prends un taxi et j’arrive.
- Non. C’est trop triste ici. Et puis vous ne trouveriez pas. En plus je n’ai aucune archive chez moi. Je ne peux vous raconter que ce que j’ai dans la tête et profiter de l’occasion que vous me donnez pour aller faire un tour à Paris.  Je préfère que l’on se retrouve demain midi. Cela me fera une balade. Dans quel quartier êtes-vous ?
- Dans le cinquième. Rue Monsieur le prince.
- Vous aimez la cuisine japonaise ?
- Je ne la connais pas.
- Et bien je vais vous la faire connaître. On se retrouve demain vers 11h45 au 24 rue Saint Augustin, dans le huitième, chez Kintaro, c’est « une cantine ». Vous verrez c’est surprenant. Mais n’arrivez pas plus tard car à partir de midi c’est plein à craquer. Vous descendez au métro « quatre septembre ».
Thierry était un peu déçu de devoir attendre jusqu’au lendemain mais c’était déjà beaucoup que cette promesse, aussi il répondit :
- Et bien d’accord. Merci beaucoup Monsieur Blanchard. À demain…
Mais le téléphone avait déjà raccroché…

- Prenez des Gyoza avec des nouilles sautées, c’est excellent…
Le vieil homme lui désignait l’image sur le menu imprimé, mais Thierry ne l’entendait pas bien. En quelques instants, la salle s’était remplie à vue d’œil et le brouhaha des conversations était de plus en plus puissant.
Sur le côté, tout au long d’une sorte de bar haut perché, derrière une cloison transparente, des cuisinières préparaient des mets inconnus dans des grandes poêles profondes qu’elles agitaient rapidement sur des feux vifs…
- On se prend du thé ? Ou vous préférez de la bière.
Thierry lui laissa l’initiative et la théière fumante arriva sur la table en même temps que leurs plats. Quand ils s’étaient retrouvés à l’heure dite, il n’y avait presque personne dans la cantine japonaise, mais l’heure du coup de feu en avait profondément transformé l’ambiance qui, d’un coup, était passée d’un lieu froid et impersonnel à  un creuset plein de vie, un  monde trépidant.
- Nous ne pourrons pas causer ici, mais ce n’est pas grave, vous n’êtes pas pressé ? Vous en vacances et moi à la retraite, nous ne sommes pas comme tous ces gens qui doivent très vite se restaurer pendant leurs pauses…
Tout autour d’eux, de leur toute petite table, les hommes, en grande majorité des jeunes cadres japonais, mais aussi quelques habitués français et très peu de femmes mangeaient en s’inclinant profondément sur leurs bols. Les baguettes allant à toute allure. Certains lisaient le journal plié sur le coin de la table, d’autres  discutaient de tables en tables, beaucoup de propos de boulot, des rires aussi…
Puis, une heure plus tard, le restaurant se vida et ce fut de nouveau le calme, tout juste entrecoupé de quelques bruits de vaisselles.
- Vous reprenez du thé ?
- Volontiers.
- Bon, je vous écoute jeune homme.
Thierry le regarda longuement puis se lança :
- Comme je vous l’ai dit hier au téléphone, je suis à la recherche de mon oncle, le frère de ma mère, il s’appelait Adrien Lecourt, disparu en Indochine en 1944. Enfin, disparu, ce n’est plus définitif car il a été aperçu à Haiphong en 1946, et l’on me dit que vous le recherchiez, mais sous un autre nom en 1948, à Hanoi. Jérôme, c’est le prénom que l’on m’a indiqué. Pourquoi le recherchiez-vous ? Connaissiez-vous sa véritable identité ? L’avez-vous retrouvé ? Voilà tout ce que je voudrais savoir.
L’ancien commissaire but un peu puis reposa doucement la tasse légère.
- Oui, Jérôme ! Je m’en souviens très bien. Mais je ne l’ai jamais rencontré, arrêté, interrogé. J’ai eu sur cet individu beaucoup d’informations, que je n’ai jamais pu recouper, des rumeurs, quelques bribes. Et pourtant nous l’avons recherché dans toute l’Indochine pendant trois ans… De 47 à 50.
- Mais pourquoi vous le recherchiez ? Il faisait du trafic ?
- Pas du tout ! Pourtant le marché noir était florissant à cette époque… Non, nous le recherchions pour… activités communistes
L’ancien commissaire avait d’un coup baissé la voix, et un peu hésité avant de lancer cette information.
- Il faut replacer cette histoire dans la grande, celle de l’Indochine française. J’ai été nommé à Hanoi en 1945. Je suis arrivé de Paris, via Marseille, par un des premiers bateaux ayant pu revenir dans la colonie, en fin septembre. En fait c’est grâce à des copains bien placés au ministère que j’ai été me faire oublier loin de la métropole. J’avais été, pendant l’occupation, un des policiers de la section spéciale de lutte anticommuniste. Oh, je n’ai pas  à rougir de mon activité dans cette période, mais, à la Libération, il ne fallait surtout pas que cela se sache… Et ce sont des gaullistes, qui ne se faisaient aucune illusion sur la cohabitation gouvernementale avec le PCF, qui m’ont permis, à moi et a d’autres, d’aller se refaire une carrière ailleurs… Bref, je suis arrivé en Indochine dans les bagages du général de Lattre. Le 23 septembre, l’armée française, commandée par Massu, s’est emparée de Saigon et nous avons petit-à-petit réinstallé l’administration coloniale.
L’Indochine française était restée fidèle à Pétain pendant toute la guerre. Mais l’impérialisme japonais, qui avait soutenu les nationalismes, l’avait beaucoup affaiblie. En mars l’armée Nipponne, en retraite, avait, pour se faire un réduit défensif, attaqué les garnisons françaises et fait près de 3000 morts. Puis il y eut le refus des Alliés, à la conférence de Potsdam, de permettre le retour de la France… Bref la colonie n’était plus du tout ce qu’elle avait été avant la guerre mondiale. À cette époque, nous avions affaire à une subversion nationaliste et communiste, et mes compétences de flic anti-communistes ont semblé utiles à mes supérieurs. Je suis resté à Saigon d’abord puis à Hanoi jusqu’en 54.
- Et ce Jérôme ?
- J’y viens, j’y viens… Les chinois de Tchan-Kaï-Check occupaient le Tonkin, le drapeau rouge aux étoiles d’Ho-Chi-Minh flottait sur tous les bâtiments publics… Tout était à reconstruire. L’administration coloniale avait dû se plier aux bons vouloirs de l’occupant japonais. Du gouvernement général au moindre gendarme de district, la prudence avait été de mise. Le ministère de l’intérieur n’avait aucune confiance dans tous ces fonctionnaires coloniaux qui avaient librement grenouillé entre japonais et marché noir, entre pétainiste et aventuriers… L’ensemble des services de police de la coloniale était suspect de collaboration pétainiste. Ils avaient, comme en France, pourchassé les Juifs et les Francs-Maçons. Comme il n’y eut aucune épuration après la défaite japonaise, la police locale n’avait donc pas de crédibilité, aux yeux des autorités militaires. Curieusement, nous qui étions arrivés avec elle, étions mieux vus, et j’ai progressé rapidement dans ma hiérarchie.
Ma mission consistait à assurer aux populations une police impartiale. Reconquérir les cœurs. Nous devions désamorcer les raisons objectives qu’avaient les annamites de se ranger aux côtés des nationalistes de Bao dai ou des communistes du VietMinh. La France devait ramener la paix et la prospérité.
Je me suis donc installé dans les locaux du commissariat à Hanoi après que les éléments Viets aient été rejetés dans la jungle et les montagnes du nord.
Après quelques mois d’activité, en 1947, j’ai obtenu des informations sur un réseau d’espionnage qui transmettait au QG du VietMinh des informations  tout à fait confidentielles sur les mouvements de notre armée en Cochinchine.
- Comment avez-vous obtenu cette information ?
- De l’intérieur du quartier général de Giap et  d’Ho Chi Minh, par une arrestation providentielle. Nous avions nos méthodes. Je sais bien qu’elles ne sont plus autorisées maintenant mais, enfin, je ne vous en dirai pas plus… Du moins sur nos façons de faire.
Thierry avait compris que la torture, utilisée par les sections spéciales dans la préfecture de Paris, avait encore cours dans le commissariat d’Hanoi quelques trois ans plus tard. Mais il se garda bien d’interrompre le vieux monsieur.
- Donc, je disais que le moindre pet de lapin à Saigon, la plus petite affectation, les informations sur le matériel, les arrivages, les dépôts étaient immédiatement transmis au général Giap, à plus de 1500 kilomètres de là, au cœur de la jungle, à la frontière laotienne. Or même si les soldats français étaient considérés comme bavards, même si les domestiques et cuisiniers annamites des mess de sous officiers étaient vraisemblablement affiliés aux réseaux d’information du Vietminh, il n’était pas possible, sans une complicité, au plus haut niveau de l’administration que des infos aussi importantes échappent avec une telle rapidité. Nous devions localiser cet informateur ! Pendant plusieurs mois, je me suis occupé exclusivement de cette  enquête. Or, à la     suite d’une arrestation de militants syndicaux de la CGT vietnamienne  du port, de Nam Dinh, qui préparaient une grève avec occupation, j’appris que l’un d’entre eux était en relation  constante avec un Français. Je l’interroge et il finit par me donner un nom. Ce blanc s’appelait Jérôme. Deux fois par semaine, il venait lui notifier les directives secrètes du PCI et lui demander ce qu’il avait vu ou entendu dire des mouvements de troupe et du moral des soldats français.
- Mais pourquoi un Français aurait-il pu établir ce contact ? Ce n’aurait pas été plus pratique avec un collègue du syndicat ?
- Parce qu’un Français pouvait se déplacer sans problèmes, et dans la ville et dans le port. Personne ne lui demandait rien, ni papiers, ni raison. Alors que ces travailleurs du port de Nam Dinh, étaient confinés dans certains secteurs…  Et leurs déplacements soigneusement contrôlés. C’était un bastion déjà ancien du nationalisme vietnamien, les syndicalistes y étaient soigneusement contrôlés.
- Et cela ne surprenait personne dans les services de sécurité que l’un d’entre eux puisse être interrogé par un Français, chaque semaine ?
- Non, parce que ce Jérôme se faisait passer pour un contremaître. Leurs entretiens étaient donc techniques… Qui aurait pu soupçonner un Français de faire passer de tels messages à des vietnamiens ? Donc, après vérifications, je me suis demandé si ce n’était pas le même espion qui s’introduisait à Saigon dans les cercles les plus fermés du pouvoir, puis, à l’autre bout du pays faisait le contact entre la direction du PCI et ces travailleurs.
- Il devait avoir de bonnes raisons pour se déplacer, sous des prétextes crédibles, car c’est loin !
- C’est exactement le type de questions que je me suis posé. C’était peut-être un Français qui se déplaçait beaucoup, qui devait avoir une bonne raison de le faire, et qui passait, un peu partout, sous des occupations et peut-être sous des identités différentes. J’ai fait passer un signalement et nous avons essayé de le cerner. Par exemple en recoupant des informations… Nous posions des questions à chaque fois que nous le pouvions dans les milieux commerciaux, patronaux, ou intellectuels européens. Et nous n’avons jamais pu mettre la main dessus.
Il a réussi à filer au moment même où je l’avais situé. Lorsque nous avons perquisitionné son domicile, l’oiseau s’était envolé. Et nous n’avons trouvé chez lui que de la propagande émanant du Parti Communiste Français, de la CGT, du Mouvement de la Paix, d’organisations satellites…
- Des documents importants ? Qui vous permettait de vérifier votre hypothèse d’une taupe Française pour le vietminh ?
- Non, pas vraiment, seulement de la propagande. De celle que nous retrouvions un peu partout dans les chambres des militants ouvriers vietnamiens. Des tracts en arabe destinés aux tirailleurs marocains, aux spahis… Tout un fatras sans intérêt. Le blanc qui logeait à cette adresse était seul et très souvent absent. Je me le suis fais décrire par ses voisins comme un ingénieur, un grand type roux et barbu. Pour moi c’était bien le fameux Jérôme ! Car il ne pouvait pas y avoir beaucoup de Français vivant en Indochine et ayant un tel contact avec le PCF. Et un ingénieur, cela lui donnait beaucoup de raisons de voyager dans toute la colonie.
- Et vous ne l’avez  jamais situé ?
- Et non. Je n’en sais pas plus. Sauf que du courrier lui est parvenu dans les jours qui ont suivi la perquisition, des lettres qui provenaient de Marseille. Tout son courrier venait de France, au nom de Jean Dupuy. J’ai envoyé une demande d’information en France, mais je n’ai eu aucune suite… Et puis la guerre a continué, de plus en plus pressante et finalement la France, après Dien Bien Phu a dû quitter l’Indochine.
Thierry était franchement déçu. Le commissaire à la retraite fut bien conscient de sa déception.
- La guerre d’Indochine c’est lointain maintenant. Qui s’en souvient ? Vous recherchez un bonhomme disparu depuis tellement longtemps ! Rien ne prouve que ce Jérôme était votre oncle. Vous le cherchez pour un héritage, mais cela va se régler d’une façon ou d’une autre… Laissez faire la justice, ne vous en faites pas.
Thierry haussa les épaules :
- Cela va prendre des années et moi j’étais pressé.
L’ancien flic anticommuniste qui s’emmerdait à passer sa retraite dans une petite maison d’Aubervilliers était lui plutôt content de sa journée.
- Écoutez. Grâce à vous je suis sorti de ma routine et j’ai passé un très bon moment à revenir sur mon passé. Si Jérôme était votre oncle cela m’amuse beaucoup de connaître enfin son vrai nom. Et si vous le retrouvez tenez-moi au courant.
Il y eut un long silence. Devant la déconvenue de Thierry, il se leva et remit sa veste.
- Je vous laisse payer. Jeune homme, tout cela est de l’histoire ancienne. Les enjeux ne sont plus les mêmes. Tout ces vieux militants n’ont plus grand chose à cacher en dehors de leurs lâchetés ou de leurs trahisons. Ils n’ont plus rien à risquer. Ils se laisseront interroger beaucoup plus facilement et ce sera plus facile pour vous, son neveu, que pour moi… Allez les voir…
- Mais qui ? Qui dois-je aller voir ?

À suivre…

Caillou, 1984

le STO du dimanche

Imbécile que j’étais de croire que le gouvernement nous imposerait le travail le dimanche sur la base d’un faux volontariat. La présidente du Medef, syndicat des patrons, est bien plus franche: elle veut l’instauration du STO!———————————————————-

Dans Le Nouvel Observateur:

Refus du travail le dimanche :

Parisot est hostile

Un droit de refus des salariés dans la proposition de loi sur le travail dominical serait “une rigidité de plus”, selon la présidente du Medef.

Laurence Parisot, présidente du Medef, a dit, lundi 8 décembre, qu’elle ne comprenait pas la mise en place d’un droit de refus des salariés dans la proposition de loi sur le travail le dimanche. “Je ne comprends pas cette approche (…). Il s’agissait de favoriser le commerce dans certaines zones à forte densité de population ou à forte attractivité touristique. Que de cette tentation de créer un petit peu plus d’activité commerciale, tout d’un coup on débouche sur une rigidité de plus dans le droit du travail, ça serait tout à fait malheureux”, a déclaré Laurence Parisot sur Europe 1. “Nous avons besoin plus que jamais, en raison de la crise, de souplesse, de possibilité d’ajustement”, a-t-elle ajouté.

Le texte du député UMP des Bouches-du-Rhône Richard Mallié autorise, sous certaines conditions, l’ouverture des magasins le dimanche dans les zones touristiques et les agglomérations de plus d’un million d’habitants (Paris, Lyon, Marseille, Lille).

Dans sa dernière version, il prévoit que le salarié ait un droit de refus à travailler le dimanche.

(STO: Service du Travail Obligatoire, mis en place par le gouvernement de Pétain pour envoyer de la main d’œuvre française en Allemagne hitlérienne pendant l’occupation)

Caillou 18/12/2008

les “cons promis” du travail le dimanche

Ah qu’il est beau ce texte! Humain! Social! Curieux parce que de droite… mais enfin il y avait une voix de droite pour limiter l’offensive idéologique du lobby de la grande distribution. Je vous le livre en entier: régalez vous… Mais c’est de la nostalgie car lundi soir ces “frondeurs” de l’UMP ont accepté un compromis qui dit l’inverse de leur grande tirade: 10 dimanches par an, tout le mois de décembre, toutes les zones touristiques, la légalisation des zones ouvertes à la sauvage comme celle de “Plan de Campagne”. Et Copé qui rajoute: le “compromis” sur le travail le dimanche n’est qu’une “étape”…

Caillou, 16/12/2008

Organiser des vacances familiales en fonction des congés des conjoints est déjà compliqué. Sera-t-il aussi compliqué d’organiser ses week-ends demain s’il faut travailler le dimanche ? Ceux qui demandent l’ouverture des commerces le dimanche ont-ils conscience de toutes les conséquences de leur revendication ?
Trois questions doivent être posées à ce sujet.
Quel intérêt économique ?
On dit qu’ « ouvrir les magasins le dimanche, c’est créer 30 000 emplois. A cela plusieurs études, dont celle du Conseil économique et social, répondent que l’acte d’achat ne serait que transféré de la semaine au dimanche. Les sites qui ouvrent le dimanche perdent ainsi 30% de leur activité du samedi. Les 30 000 emplois créés ne seraient que transférés de la semaine au week-end. D’autres études montrent qu’à consommation égale, un emploi du dimanche supprimera trois emplois de la semaine. La menace portera également sur ceux qui travaillent déjà le dimanche, notamment les multiples petits commerces de proximité dans nos centre-villes ou dans nos centre-bourgs en milieu rural.
La logique économique veut qu’on n’effectue pas d’achats supplémentaires sans pouvoir d’achat en hausse. La hausse du pouvoir d’achat ne se décrète pas par l’ouverture des magasins le dimanche. A l’instar des heures de temps libre dégagées par les 35 heures, l’ouverture des magasins le dimanche risquerait plutôt de créer des frustrations et du surendettement.
Quel impact sur notre société ?
« Ouvrir les magasins le dimanche, c’est donner une liberté supplémentaire aux individus, un jour de consommation en plus par semaine ! ». Et voilà comment on passe du dimanche chômé, acquis social obtenu de haute lutte au 19 ème siècle, au dimanche chômé, menace pour la liberté individuelle des consommateurs. « Si nos concitoyens ont envie d’acheter le dimanche, qu’ils achètent ! Ouvrez tous les jours, le marché reconnaîtra les siens » L’argument est cocasse car, le travail le dimanche, c’est bien quand cela concerne les autres, mais moins bien quand cela nous touche personnellement. Or, ouvrir les magasins le dimanche ne touchera pas que les commerçants. Il faudra trouver des modes de garde pour les enfants. Qu’en sera-t-il des services bancaires indispensables à l’activité commerciale ? Faudra-t-il livrer les magasins le dimanche ? Le travail le dimanche ne se fera que sur volontariat nous dit-on. Comment peut-on y croire ? Chacun sent très bien que l’ouverture des commerces le dimanche est le cheval de Troie pour une ouverture générale de l’activité professionnelle. Qu’en sera-t-il alors de toutes les activités dominicales, non seulement les cultes, mais également les activités sportives, associatives, familiales… ? N’est-il pas préférable de ne pas consommer dans les commerces un jour sur sept et de conserver ces moments de fraternité qui donnent à la vie beaucoup de sens ? Le travail le dimanche, c’est une menace pour les familles. C’est leur retirer un des rares moments de la semaine où elles peuvent se retrouver pour partager des moments indispensables qui participent à la construction de chacun. Pourquoi leur retirer ce refuge essentiel ?
Quel sens donner à une telle revendication ?
C’est en effet là qu’est la vraie question. L’homme contemporain est-il uniquement un « individu consommateur » ou est-il encore l’animal social que définissait Aristote ? S’il n’est que consommateur, ouvrons les magasins le dimanche et laissons le satisfaire son instinct. Si l’homme se construit par les relations qu’il tisse avec les autres, posons-nous la question de maintenir chômé un jour dans la semaine durant lequel les relations que nous avons les uns avec les autres peuvent être facilitées et gratuites.
La réglementation est souvent trop lourde et faite de tracasseries inutiles quand il faut organiser des manifestations sportives, amicales, associatives et religieuses où les gens se rencontrent et partagent un peu de leur temps. Elle est en revanche nécessaire pour préserver des moments gratuits, sans transaction, des moments de partage en famille ou entre amis.
« Les Français qui le veulent pourront ne pas consommer le dimanche. Il n’y a aucune obligation mais une nouvelle offre proposée» affirment enfin les partisans de l’ouverture. Peut-être. Il est cependant probable que ce moment privilégié de partage et de relations personnels sera sévèrement frappé par la concurrence d’une possibilité de consommer qui n’aura plus de limite.
Aujourd’hui, les Français ont encore plus besoin de solidarité qu’hier. Or, la première et la plus vraie des solidarités, la plus efficace, la plus riche en relations et en affection, est certainement la famille. Sachons protéger cette valeur essentielle et ne pas la fragiliser une nouvelle fois

Voici leurs noms:

Marc LE FUR, Vice-président de l’Assemblée nationale, Député des Côtes d’Armor
Jean-Frédéric POISSON, Député des Yvelines
Philippe MEUNIER, Député du Rhône
Jean-Paul ANCIAUX, Député de Saône et Loire
Thierry BENOIT, Député d’Ille et Vilaine
Véronique BESSE, Députée de la Vendée
Jean-Claude BOUCHET, Député du Vaucluse
Françoise BRANGET, Députée du Doubs
Xavier BRETON, Député de l’Ain
Yves BUR, Député du Bas-Rhin
Jean-François CHOSSY, Député de la Loire
Dino CINERI, Député de la Loire
Jean-Yves COUSIN, Député du Calvados
Jean-Louis CHRIST,Député du Haut-Rhin
Marie-Christine DALLOZ, Députée du Jura
Laure DE LA RAUDIERE, Députée de l’Eure et Loir
Lucien DEGAUCHY, Député de l’Oise
Jean DIONIS DU SEJOUR
André FLAJOLET, Député du Pas de Calais
Daniel GARRIGUE, Député de la Dordogne
Philippe GOSSELIN, Député de la Manche
Michel GRALL, Député du Morbihan
Jean-Pierre GRAND, Député de Député de l’Hérault
Arlette GROSSKOST, Députée du Haut-Rhin
Antoine HERTH, Député du Bas-Rhin
Guénhaël HUET, Député de la Manche
Michel HUNAULT, Député de Loire-Atlantique
Jacques LE NAY, Député du Morbihan
Fabienne LABRETTE-MENAGER, Députée de la Sarthe
Marguerite LAMOUR, Député du Finistère
Jacques LE GUEN, Député du Finistère
Jean-Marc LEFRANC, Député du Calvados
Céleste LETT, Député de la Moselle
Lionnel LUCA, Député des Alpes Maritimes
Franck MARLIN, Député du Loiret,
Jean-Philippe MAURER, Député du Bas-Rhin
Christian MENARD, Député du Finistère
Damien MESLOT, Député du Territoire-de-Belfort
Jean-Marie MORISSET, Député des Deux-Sèvres
Jean-Marc NESME, Député de Saône et Loire
Etienne PINTE, Député des Yvelines
JeanLuc PREEL, député de la Vendée
Jean-Luc REITZER, Député du Haut-Rhin
Jacques REMILLER, Député de l’Isère
Bernard REYNES, Député des Bouches du Rhône
Michel SORDI, Député, Député du Haut-Rhin
Alain SUGUENOT, Député de la Côte d’Or
Dominique SOUCHET, Député de la Vendée
Eric STRAUMANN, Député du Haut-Rhin
Michel TERROT, Député du Rhône
Jean UBERSCHLAG, Député du Hault Rhin
Christian VANNESTE, Député du Nord
Patrice VERCHERE, Député du Rhône
François Xavier VILLAIN, Député du Nord
Michel VOISIN, Député de l’Ain
Marie-Jo ZIMMERMANN, Députée de la Moselle
Michel ZUMKELLER, Député du Territoire de Belfort

C’est aujourd’hui dimanche… pour ma jolie maman…

Volontaire!

Mais puisqu’on vous dit qu’elle est volontaire!
Elle est caissière, dans cet hypermarché, dans un service où elle est la seule a avoir un enfant en bas âge.
Elle a absolument besoin de son mercredi de repos pour s’en occuper et toutes ses collègues le lui laissent volontiers.
Mais quand le chef est passé demander qui était volontaire pour travailler le dimanche 14 décembre, elle savait bien que si elle refusait c’était son mercredi hebdomadaire qui sautait.
Alors elle a levé le doigt.
Elle est volontaire!

LE TRAVAIL LE DIMANCHE
C’EST SUR LA BASE DU VOLONTARIAT

Histoire vraie, c’est pas de la fiction, mais on comprendra que je ne donne aucun nom!
Mardi prochain le parlement décide de l’ouverture des magasins le dimanche… sur la base du volontariat!

Caillou, 14/12/2008

Lectures au coin du feu

Si vous avez envie d’entendre des textes de toute beauté, il y aura ce soir, 12 décembre, des lectures dans la bibliothèque de mon village.
Et j’aurais le plaisir d’y lire les premieres pages des “Bagages de sable” d’Anna Langfus, 
ainsi que, très modestement:  “La baie de Rio de Janeiro en ailes de papillon”: http://cailloutendre.unblog.net/?p=480

Disparaître en Indochine - 8

Chapitre 8

Le lendemain matin dans un petit hôtel de la rue Monsieur le Prince, Thierry tartinait d’une excellente confiture de mûres une fine tranche de baguette parisienne craquante et dorée. Le café était délicieux. La journée s’annonçait belle et tout en prenant cet excellent petit déjeuner il réfléchissait  à ce qu’il pouvait bien faire maintenant. Comment sauver son héritage ? M. Wang ne s’était pas trompé en reconnaissant Adrien sur la photo de 1939 ! Son oncle était à Haiphong en 46 ! Qu’était-il devenu ? Il n’y avait plus qu’une toute petite piste, celle de ce commissaire qui, en 1948, recherchait peut-être Adrien sous un autre nom, sous une autre identité, celle d’un certain Jérôme. Que lui voulait-il ? Marché noir ? Banditisme ?

- Nathalie ? Je te dérange ?
- Pas du tout mon chéri. C’est un peu de bonne heure, mais je n’ai cours qu’à deux heures. Comment ça va à la capitale ?
- Il fait beau ! Je suis dans un hôtel pas très loin du boulevard Saint-.Michel. Bon, hier j’ai vu M. Wang. Il n’y a aucune chance qu’il se soit trompé. C’était bien mon oncle qu’il a vu en 1946. Par contre il m’a indiqué qu’un enquêteur de la police française, à Hanoi, le recherchait peut-être sous un autre nom en 1948. Je ne sais que le nom de ce flic. Je n’ai rien d’autre et s’il n’y a rien au bout, je rentre et c’est fichu.
- Non, je ne crois pas. Même si ton oncle n’a pas disparu en 44, rien ne dit qu’il est vivant, ni qu’il a eu une famille. Cela mettra peut-être du temps, mais tu devrais quand même hériter de ton grand-père.
- Écoute, un de mes copains de fac est documentaliste à la préfecture de la Seine. Il devrait t’indiquer où tu peux consulter les archives de la police française en Indochine et trouver quelque chose sur cette histoire. Tu as au moins le nom du commissaire, c’est un début…
- Le nom du flic, c’est Blanchard !
- Ok, va voir mon copain. Il va te guider

Quelques heures plus tard, Thierry, sur les indications de l’ami de Nathalie, était dans une des salles de consultation au CARAN, rue des Quatre Fils, dans le troisième arrondissement. On lui avait indiqué sur un registre le gros dossier de la police française du Tonkin, mais il ne trouvait nulle trace d’une enquête sur ce Jérôme. Par contre il retrouva très rapidement le nom de Blanchard. Il avait été en poste à Hanoi jusqu’en 1954 puis, après la signature des accords de Genève, il  avait rejoint l’Algérie, mais pour très peu de temps, puisqu’il avait pris sa retraite en 1956. Les états de service de ce commissaire se terminaient à Alger, d’où il était rentré en France. Ces archives lui donnèrent aussi un prénom : Maximin,  Maximin Blanchard. Et ce fut ensuite très facile, avec un minitel, de retrouver, dans la banlieue nord, à Aubervilliers, le seul Maximin Blanchard inscrit au téléphone. Lorsqu’il sortit du CARAN, Thierry était très content. Il n’avait pas perdu sa journée et dans la soirée il essayerait de téléphoner à ce monsieur pour obtenir un rendez-vous.

À suivre…

Caillou, 1984

Pique-nique sauvage dans un supermarché de Créteil

L’APPEL ET LA PIOCHE

Leur action nous a bien fait rire!
Alors j’ai été voir leur blog: http://lappeletlapioche.blogspot.com/
Et c’est vraiment bien.
Ils ont bien raison ces petits jeunes!
Arrêtons les jérémiades!
Il vaut mieux passer à l’action.
Et se préparer à les soutenir car ils vont avoir des emmerdements!

Caillou, 2/12/2008.

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