Militantisme ou temps perdu ?

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Une lettre de Madeleine, de 1949: Militantisme ou temps perdu ?

C’est dimanche, un dimanche comme les autres.
Voila juste 5 heures que tu es parti à ta réunion de cellule. Vers midi 30, après avoir lavé et nourri le bébé, j’ai sorti du feu mon riz cuit à point et je me suis mise à t’attendre. Depuis, de demi heure en demi heure, j’ai remis, ôté, remis sur le feu mon riz refroidi, brûlé, desséché, immangeable… Puis j’ai commencé à tourner en rond comme un lion en cage. Tu ne rentrais toujours pas; le bébé s’était mis à pleurer, de ce petit cri énervé toujours le même qui, doucement, tout doucement vous rendrait fou. Exactement au même rythme, ma rage commençait à tout envahir, à tout étouffer…

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Y’a pas de mots pour ça !

Y’a l’État
l’état des lieux
les gens et leur misère.
Il y a les rois
il y a les gueux
qui consomment et se terrent.
mais qu’est-ce qu’on peut y faire ?
Y’aaaaa pas de mots pour ça.

Qu’est-ce que je crois ?
Qu’est-ce que je veux ?
Et dans quel état j’erre…
Qu’est-ce que je vois ?
qu’est-ce que j’y peux ?
Si tout ça m’désespère
Et puis à quoi ça sert ?
Y’aaaaa pas de mots pour ça.

Les mots sont froids
Les mots sont creux
On les tord, on les serre…
Ils sont sans voix
qu’est-ce que j’y peux ?
S’ils ne me servent guère
Je ne peux que me taire.
Y’aaaaa pas de mots pour ça.

Et du coup la suite est chantée en « yaourt »

Caillou, 1998 ou 99…

Et si vous cliquez ici, je vous la chante!

 
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C’est une chanson de la Teigne avant qu’elle n’existe sous ce nom! Les paroles sont de ma pomme, par contre la mélodie vient d’une méthode d’apprentissage du saxo, qui n’en indiquait pas l’auteur. Je suis preneur de toute information sur cette musique: “Kenny il make it”. D’avance merci

Dans le coton

Dans le coton tout blanc… je n’y vois plus rien et j’entends à peine.
Juste un vague écho d’aspirateur dans un couloir au loin.

Dans le coton tout blanc, je ne me sens plus, plus de bras, plus de jambes, plus de peau… Je ne sens même pas le drap ou la toile qui me touche. Je ne sens rien.
Ai-je mal ? Faudrait faire le compte. Un par un voir ce qui va et ce qui ne va pas. Mais comment faire un inventaire sans voir et sans ressentir. Dans le blanc du coton, il y a comme une lueur plus forte, un peu, sur le côté. Peut-être une fenêtre? Dans une vague, très vague coloration du blanc, un peu plus froide peut-être, c’est certainement une fenêtre, vers la droite, mais comment le savoir ?

Et si je parlais ? Pourrais-je m’entendre ? Mais je n’en ai pas la force. Je crois que c’est bloqué. Il y a un poids sur ma mâchoire. Je sens tout le bas du visage écrasé, tenu, par un étau. Et bien tu vois bien que tu sens quelque chose ! Et ma langue, dans ma bouche ? Non je ne sens plus rien?

L’aspirateur s’est éteint ! J’entends une porte s’ouvrir et des pas nerveux qui s’approchent. Il y a quelqu’un, tout près de moi. Je me fais la réflexion (toute intérieure mais je ne peux pas rire) que finalement j’entends quand même. C’est rassurant ! Et j’entends une voix de femme qui me parle tout près. Elle a dû se baisser. Je dois être allongé. Va savoir. Monsieur, Monsieur, vous m’entendez ? Si vous m’entendez serrez un peu ma main… Il y a une main ? Où ça ? Et la serrer comment ? Et puis je sens, mais cela vient de loin, de très loin, comme quand mon père remontait de la cave avec les deux casiers de bouteilles qui bringuebalaient, un mouvement quelque part du côté gauche, en bas. Elle doit avoir pris ma main dans la sienne et attendre que je me manifeste…


C’est très bien, très bien, Monsieur. Je reviens tout de suite.

Et je l’entends partir en courant vers la gauche.
Elle sort de la chambre sans refermer la porte.
Dans le coton tout blanc où je gis en silence.
Elle appelle un interne, revient immédiatement.
Ne bougez pas, Monsieur. Ne vous affolez pas.
Je suis là près de vous.

Et elle reprend ma main.
Moi je m’appelle Alice.
Où donc est le miroir, le pays des merveilles ?
Je suis une infirmière.
Il faut vous retenir, m’écoutez, ne pas vous endormir.
Vous êtes aux urgences de l’hôpital Rangueil.
Ne vous endormez pas !

Et voilà le docteur. Je ne vois rien. J’entends autour de moi des gens qui s’agitent.
Préparez le cumulo, dégagez les nimbus !
Il a une voix ce type !
On l’embarque tout de suite ! Les stratos, on se grouille !
On me soulève d’un coup. Je suis dans une coquille.
Nettoyez-moi ce sang ! Le cirrus est-il prêt ? Oui monsieur…
Cela roule, j’entends des claques aux portes et dans mon coton blanc
la voix d’Alice à mon oreille :
Un moment d’équilibre,
C’est maintenant ou jamais,
mais nous allons ensemble
Vous sortir de là !

Caillou le 26 septembre 2007

Au temps perdu

 

Pour Virginie

 

C’est une boutique un peu bizarre que j’ai découverte un jour où je me promenais tout en haut de la côte, vers le cimetière. Dans cette avenue qui grimpe toute droite, la vue sur la ville est toujours aussi belle et j’y vais parfois passer quelques instants sur un banc que je connais, sur une place bordée de magasins de pompes funèbres.

 

Mais cette boutique n’était pas comme les autres. Il n’y avait ni fleurs ni tombes en devanture mais sous son enseigne, Au temps perdu, une vitrine où l’on pouvait voir l’intérieur. Et elle n’était pas grande. Elle avait dû ouvrir quelques semaines plus tôt car je ne l’avais pas remarquée auparavant.

 

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Une enfance algéroise

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Madeleine.

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l’histoire de Gabriel

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C’est l’histoire d’un Espagnol, Gabriel, de la région de Salamanque, qui, poussé par la misère et la faim, arrive en France à l’âge de 16 ans, au milieu des années 20.

Il est embauché comme ouvrier agricole dans un petit village du Minervois, au nord d

e Carcassonne. Plusieurs familles espagnoles vivent et travaillaient dans cette propriété viticole sous les ordres d’un régisseur et des patrons.

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La rafle

La rafle

Je tiens le mur, pas loin d’ici
Nous sommes nombreux dans ce pays
J’n’ai pas d’boulot, j’n’ai pas d’argent
et je regarde passer les gens

Le matin maman m’fous dehors
une fois qu’les petits sont partis
Elle fait l’ménage, alors je sors
J’n’ai rien à faire et j’m’ennuie

Le mur est l’abri d’la pluie.
J’ai mes copains, on joue, on rit
face à l’école de mon quartier
On reste là toute la journée

C’matin à l’entrée du ghetto
venu se poster là très tôt
y’avait trois cars de CRS
Le copain m’a dit : Pour qui est-ce ?

Et sur la grille de l’école
était accrochée une banderole :
Ne touchez pas à nos enfants
Et des parents étaient devant

Il n’y a pas eu de sommation
Et sans la moindre hésitation
les flics ont chargés dans la foule
Et leur chef avait bien les boules

Il a désigné l’enseignant
qu’ils ont saisi en le tenant
mains dans le dos et par le cou
Et les enfants hurlaient partout

Ils étaient venus pour chercher
les 2 enfants d’un sans-papier
qui habite juste en bas d’chez moi
Une famille qui n’a pas de droit

Qui vient d’un pays très lointain
et où les gens crèvent de faim
tandis qu‘on envoie du pognon
à tous leurs dirigeants bidon

Les parents se sont allongés
tenant les 2 enfants serrés
Ils criaient pas en notre nom !
Ils sont sous notre protection !

Comment sortir de ce merdier
se demandaient les policiers
Maintenant qu’il y des journalistes
pour sortir il nous faut l’Ministre

Tandis qu’ils le t’nait par les cheveux
Le maître a crié : Heurtefeux !
ministre de l’immigration
tu n’as de français que le nom

Ton gouvernement de Pétain
rafle les enfants clandestins
comme il raflait pour le Vel’d’hiv
les français de religion juive

Mais moi je n’y comprenais rien
J’ai peur des flics ça c’est certain
C’est sur que c’est eux les plus fort
Alors jtiens l’mur et je fais l’mort

Caillou 9 septembre 2007

L’argent

Caillou blanc: J’avais dit pas d’humour! Pas de second degré!
Caillou noir: Mais laisse tomber, c’est un vieux texte destiné à faire rire des profs pour entrer à la fac en 1988. Et puis c’est de l’ironie, rien de plus.
Caillou blanc se retire en maugréant…

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